Catégorie : Récits d’éxpé

  • The Crack

    A big crack woke us up. We all heard it, it was not a dream. Yet we are doing like if it didn’t happen, trying to keep our eyes closed. The glowing light is starting to enter in our snow cave giving it this special atmosphere. It is time to pop our head outside, see if it is a good day.

    When we dug out our cave two days ago, the storm was raging. The wind was slapping our faces with the whirling snowflakes. We were tired from the last two hours, moving so slowly, waist deep in the snow, but we had to dig. Putting out the tent was not an option at this moment, and none of us even mentioned it. We knew we had to dig to get ourselves a comfortable place, to rest, and try to dry. Two hours of work, this is all it takes for three men with two shovels to dig out a snow cave large enough to sleep, eat, and rest. A tiny entrance, where you need to get on four legs to get in. A small corridor which give access to the main room. A comfortable wide ledge on the right, the bed, high enough to stay away from the cold which flows down and accumulates in the lower parts. Some storage on the left to put all our mountaineering gear. And the kitchen, a smaller ledge, in the front, close enough to the bed, to be able to cook while staying warm in our sleeping bags. When I say cooking I mean mainly melting snow, and boiling water. When we have this precious smoking liquid, we just poor it in our rations. Quick, efficient, no need for dishes.

    We didn’t know exactly where we where on the ridge when we dug our refuge. Somewhere between the summit plateau and the end of the actual ridge, that was for sure. In that part of our itinerary where we are the most exposed to avalanches. But again being in that cave was our safest option. If an avalanche had to occur, it would only ride above us, and we wouldn’t be swiped away off the mountain. The most concerning point to our safety was the proximity of the séracs. We knew they were close, but didn’t know how close as we arrived in the middle of the storm. And this crack that woke us up, which was so loud and clear, without any echo, seemed really close. We heard a few of those big sound as we spent the full day of yesterday in our hole because of the weather. At this point we still have five days of food with us, which would give us enough time to go to the summit and go back down to our base camp, where the rest of our food is cashed. We are at 4200 m, a few 1700 m below the summit and we would need two days to reach it. The light entering in our cave right now is a good sign, it looks like the weather cleared up and if so, we’ll be able to move our way up today.

    It is 5:30 in the morning and I have to kick in the snow block which we used as a door to free the buried entrance. I can feel the cold air entering my lungs, and more light is making its way inside our shelter. As I’m stepping outside, I’m immediately astonished by the beauty of the place. I’am standing above an ocean of ice, where gigantic islands are raising from those frozen waters. The sun is not up yet, and the horizon is carrying all the spectrum of colors between orange and blue. Above me the slopes of the mountain are steep, and from where I’am the summit is hidden by some huge walls of ice, defying gravity, ready to fall anytime on the glacier more than 2000 m below. Thankfully we have picked a good spot and we are out of reach of any sérac, on a safe way to the summit.

    When we started this adventure 20 days ago, on the shore of Malaspina Lake, we knew that we were about start the adventure of our life. After crossing the tumultuous moraines, reached the glacier, going across a maze of crevasses on the icefall, walking on this ocean of ice  below me, following a bear track for more than 30 kilometers and finally entering the natural amphitheater formed by Mount Logan East face, entangled by MacArthur Peak on the North and Mount ? on the south, the route we planned was finally right in front of us. Our weather window was tight, so we only took one day of rest before starting the ascent. And here I am, not on the top of the world yet, but soon we will be up there, I know it.

  • Logan, Le début de l’aventure

    Devant nous, l’eau est complètement immobile. Une mer d’huile comme on dit. Opaque, elle est remplie de limon et on ne voit pas au travers, les montagnes se reflètes parfaitement dedans, comme dans un miroir.

    En entrant dans le lac Malaspina par la rivière, nommée Sudden Rush sur les cartes, c’était comme d’entrer dans un rêve. La chaine des Wrangells / St Elias qui se dresse devant nous, et nous entoure des ses pics enneigés. Les kilomètres de moraines qui s’étendent au pied des montagnes. Et ce lac, figé, d’un autre temps, d’un autre monde.

    Notre petit bateau à moteur vient rompre le silence de la nature. On ne veut pas déranger alors on fait vite. Nick met le cap sur l’une des quelques plages que l’on peut distinguer aux milieux des séracs qui tombent dans l’eau. La glace vient ralentir notre progression mais nous atteignons finalement notre débarcadère. Quelque mouettes et goéland curieux nous suivaient depuis le milieux du lac. Les oiseaux sont toujours la au dessus de nos tête, et nous observent décharger notre materiel sur la plage. Il semble bien que ce soit les seuls spectateurs à des kilomètres à la ronde. L’endroit est désert, inhospitalier, brut, et si beau.

    La force de la nature. La glace, mêlée aux blocs de granit de toutes les tailles vient se perdre sous les eaux du lacs avant de continuer sa route vers l’océan. Au loin, de l’autre côté de la rive, on distingue la foret qui pousse directement sur la moraine. La glace ,n’est pas loin pourtant, mais les quantités de matériaux charriés sont telles, et les mouvement de la glace sont si lent ici que cela permet à la forêt de s’y installer.

    Le silence est partout. Seulement brisé par le bruit de nos pas sur les graviers de la plage.

    Il est temps pour Nick de nous quitter. La marrée a commencée à redescendre, et s’il ne veut pas rester piéger dans le lac pour les 12 prochaines heures, il doit déguerpir au plus vite. Son petit bateau nous a permis de nous frayer un chemin dans ce bras de rivière mal connu des pêcheurs du coin. Ca aura été une vraie épreuve de trouver quelqu’un pour nous mener jusqu’ici. A aucun moment je ne me suis dit dans la préparation de notre aventure, que depuis Yakutat, petit village de pêcheur, il nous serait difficile de trouver quelqu’un pour traverser la baie et pénétrer dans le lac Malaspina. Heureusement Jack était là pour nous aider.

    Jack Endicott est un ancien météorologiste qui travaillait pour la NOAA. Il n’est pas originaire du coin mais en est tombé amoureux avec sa femme quand il est venu s’y installer. Depuis il n’est jamais parti. Il tient le surf shop du coin, et sa vie est assez tranquille. Il faut dire qu’il n’y a pas foule au pic avec une eau à 6°C. Jack nous à pris sous son aile quand on est arrivé dans le village. C’est lui qui nous a trouvé un logement pour terminer nos préparatifs, et c’est surtout lui qui nous a mis en contact avec les pêcheurs du coin susceptibles de nous faire traverser.

    Il y a d’abord eu Jonathan, mais une opportunité de pêche c’est proposée à lui en même temps que le jour prévu de notre traversée, et Jon à préféré aller se faire des gros dollars plutôt que d’aidé une bande de frenchies, aventuriers un peu fou. Sans rancune, on comprend. La pêche au flétan est une spécialité du coin, et elle est très lucrative. Les permis sont difficiles à obtenir et très chère. Alors quand un client se présente avec un permis pour aller pêcher le flétan, et que la mer est calme, ca ne se refuse pas. On a appris plus tard, qu’en 24 heures, Jonathan s’était fait quasiment 20 000 $, on ne fait pas le poids avec nos quelques centaines de dollars qui nous restent au fond des poches et que nous lui proposons.

    En persévérant, et en toquant aux portes on a fini par dégoté notre pêcheur taxi à nous. Ca n’aura pas été facile, les gens du coin ne s’aventurent pas la où on veut aller. Lorsqu’ils traversent la baie pour aller pêcher, ils restent autour de Manby. Un cap, non loin de l’embouchure de la Sudden River. Mais accéder au lac Malaspina, non, personne n’y va, et personne ne connait l’état de cette rivière qui y mène. On ne sait meme pas si le lac est praticable. C’est un lac glaciaire, et les quantités de limon charriés y sont énorme. Cela fait que ces eaux peuvent être très peu profonde et ne permettent peut être pas la navigation. Mais le seul moyen de savoir c’est encore d’aller voir.

    Si nous n’arrivons pas à nous faire déposer de l’autre côté du lac, alors il faudra revoir toute l’organisation de notre aventure. Cela pourrait nous rajouter une dizaine de jours de trek, avec une charge à transporter monstrueuse, et qui nous obligerait à faire des allers retours. Sans parler des ours. On est déjà fin avril, et il fait bon. Autour de Yakutat, on entend dire que certains ont commencés à les voir sortir de leur tanière. Si pour une quelconque raison nous nous faisons déposer avant les moraine, au fond du lac, alors nous devrons traverser le téritoire des ours. Et d’après les histoires qu’on nous raconte au café du coin, on a pas trop envie d’y trainer.

    Mais finalement nous trouvons Nick, un jeune mec à la cool, pêcheur, mais aussi passionné d’aviation. Il vit à Yakutat avec sa femme, ses sept enfants, ses deux frères et au moins autant d’enfants par frère. Quand on arrive dans son jardin, devant sa grande maison en fuste, qu’il a construit lui même, on est surpris de voir tous ses joués garés autour de la maison. Plusieurs bateaux, pour un pêcheur cela semble normale, mais juste à coté un petit avion, garé là, à la place d’une voiture. On apprendra plus tard, pendant la traversée de la baie que Nick à appri à piloter tout seul, avec ses frères, et qu’ils possèdent tous un avion. En ouvrant un bouquin, et en s’exerçant sur la route. C’est comme ça qu’ils ont appris. Quelques unes de ses histoire nous vaudront une bon fou rire. Surtout quand il nous raconte que lors d’un de ses premiers voles, il manque de peu une collision avec un camion. Trop concentré sur les commandes, et prêt à atterrir, il n’avait pas vu le 38 tonnes qui arrivait dans le sens contraire. Au dernier moment il a pu remettre les gazes et passer in extremis au dessus du camion. Quand il a finalement atterri, il tremblait de tout son corps. J’ose à peine imaginer la réaction du chauffeur de camion quand il a du voir un avion atterrir sur la route et arriver droit vers lui.

    A 17 heure, sur le ponton, le rendez vous était prit. Nous arrivons en avance dans le gros pick-up de Jack, pour charger tout notre matériel. On est loin des 45 / 50 kilogrammes par personne que l’on avait envisager. Avec des vivres pour 45 jours, notre matériel de montagne, et tout ce qu’il nous faut pour traverser plusieurs centaines de kilomètres de glacier, nous arrivons à environs 80 kilos par personnes. Autant dire beaucoup trop. On ne pourra pas tout transporter en une fois, il nous faudra faire des allers retours. Sur les moraines ce sera difficile, mais dès qu’on sera sur la glace et que nous pourrons tirer nos luges, ce sera plus facile.

    Nick arrive et nous embarquons sur le Lady Ann, son bateau de pêche. AAA est avec nous, son fils de 7 ans. Ca nous paraît un peu fou d’emmener un enfant avec nous pour cette traversée. Nick ne connait pas la zone ou nous allons, il n’y est jamais allé. Et vu la retissance de nombreux pêcheur, cette aventure est potentiellement dangereuse. Mais c’est comme ça que Nick élève ses enfant. Il leur fait l’école à la maison avec sa femme, et surtout les emmène avec lui dès que l’occasion se présente. Une education proche de la nature et de l’essentielle d’ici. La pêche, la chasse, et la débrouille. Là c’est l’aventure, et qui dit aventure dit débrouille. Nous allons découvrir un nouveau coin, autant en faire profiter un de ses enfants.

    Nick démarre l’embarcation, nous tractons derrière nous le skiff[1] qui va nous permettre de remonter la rivière et on l’espère, d’accéder au lac.


    [1] Le skiff est un petit bateau qui permet aux pêcheurs de manœuvrer plus facilement et de récupérer le filets.